Résumé
Cet acte nous détaille le douaire préfix obtenue par Marie Madeleine DUMONT, veuve MARLANT, Marchande de poisson, qui entre dans la famille NAVET par son remariage avec Janvier NAVET. La mère de celui-ci, Geneviève JANVIER, est décédée en avril 1729.

Faits marquants
Marie Madeleine a un fils mineur de son premier mariage en 1723, Jean MARLANT. Les effets de Marie Madeleine, détaillés sur trois feuillets insérés, se montent à 1505 livres. Nous y retrouvons François Aveline, cette fois avec Pétronille DUMONT. À noter aussi Maître Louis Jacques BAUDRY, Contrôleur du Roi Trésorier receveur général et payeur des rentes de l’Hôtel de Ville. Et une belle page de signatures des parents et amis.

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Transciption

Furent présent Janvier NAVET marchand Layetier à Paris majeur, fils de défunt Nicolas NAVET aussi marchand Layetier à Paris et Geneviève F. JANVIER sa femme ses père et mère demeurant à Paris sur l’Aile du Pont Marie paroisse Saint Louis, pour lui et en son nom d’une part et Marie Madeleine DUMONT veuve de Jean MARLANT Compagnon maçon à Paris [croix] y demeurant aussi sur rue des Ailes ou Pont Marie sus-dite paroisse Saint Louis , pour elle et en son nom d’autre part.
Lesquelles parties en la présence et du consentement de leurs parents et amis ci après nommés savoir de la part du dit future époux, de Michel Jacques NAVET – en marge : elle factrice et marchande de poisson, parafes : mmd, jn – md Layetier à Paris, frère, Nicolas NAVET aussi marchand Layetier à Paris, frère, et Marie MAGDELAINE sa femme, Jean Hubert NAVET aussi marchand Layetier à Paris, frère et Jeanne DELAISTRE sa femme, Maître Louis Jacques BAUDRY Contrôleur du Roi Trésorier receveur général et payeur des rentes de l’Hôtel de cette ville, Jacques Marie CHARTRAIN bourgeois de Paris, et Thomas Ambroise BARDIN marchand épicier, ami, et de la part de la dite future épouse de François FLEURY md Grainier à Paris et Marie Louise DUMONT sa femme, sœur, François AVELINE md Cordonnier à Paris et Pétronille DUMONT sa femme, sœur, Marie Françoise DUMONT fille, sœur , Michel BONNEFOY voiturier et Edmée DUMONT sa femme, tante, et Louis DAMOREAU md Bourrelier à Paris et Marie Jeanne MORVANT sa femme, tante,
ont fait entre elles le traité accords et conventions de mariage qui suivent ceci à savoir que les dits Janvier NAVET et Marie Madeleine DUMONT ont promis de prendre l’un l’autre par nom et loi de mariage de lui faire solennités en face de notre sainte église incessamment. Seront les dits futurs époux tout en communauté en biens, meubles et conquêts jurent _ suivant la coutume de Paris au dessin de laquelle leur future communauté sera régie et gouvernée encore que ci après ils fassent leur demeures et des acquisitions de biens en paye le contenu et loyer contrainte auxquelles est expressément dérogé et renonce.
Ne feront néanmoins tenus des dettes et hypothèque l’un de l’autre faites et créées avant la célébration du dit mariage et si _ y a elles seront payées et acquittées par qui d’eux les aura faites et créées sur son bien particulier sans que l’autre _ bien en soit aucunement touché.
Les biens de la dite future épouse consistant en la moitié du contenu
jnmmd (Jean NAVET-Marie Madeleine DUMONT)

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d’inventaire fait après décès du dit MARLANT par Dehayes Louis le dit notaire soussigné et son confrère le treize décembre mil sept cent vingt huit clos en justice le vingt quatre du dit mois et an à l’égard de l’autre moitié du contenu au dit inventaire la dite future épouse déclare qu’il appartient à Jean MARLANT son fils mineur et du dit défunt.
Plus et en la somme de quinze cent cinq livres, dix sols, trois deniers tout en deniers comptants, vaisselle d’argent et meubles, linge et hardes, le tout contenu ou nu état qui a été fait entre les dits futurs époux lequel est demeuré joint à ces présentes après avoir été paraphé des dits futurs époux, tout le contenu auquel inventaire ledit état la dite future épouse promet souscrire au dit futur époux la veille de leur épousailles.
Desquels biens de la future épouse il _ la communauté jusqu’à la somme de mille livres et le surplus sera et demeurera propre à la dite future épouse et aux siens de son côté et ligue avec tout ce qui pendant le dit mariage lui reviendra et échoira tant en meuble qu’immeuble par succession donation lègue ou autrement.
Ledit futur époux a doué la dite future épouse de la somme de mille livre de douaire préfix (1) une fois payé pour en jouir par la dite future épouse à la caution juratoire aussitôt qu’il aura lieu suivant la coutume de Paris.
Le survivant des dits futurs époux aura et prendra par préciput (2) et avant partage fait des biens de la dite communauté tels meubles d’iceux qu’il voudra choisir suivant la prisée de l’inventaire qui en sera faite et sans criée jusqu’à la somme de quatre cent livre de la dite somme en denier comptant au choix du dit survivant réciproquement.
S’il est vendu ou aliéné aucun bien ou racheté rentes propres au dits futurs époux remploi en sera _ ou acquisition de biens immeubles pour porter pareille nature _ propres à celui des dits futurs époux de qui les aliénés avaient appartenu et _ devra de chacun côté _ et _ la dissolution du dit mariage le dit remploi _ fait _ _ _ pour le faire seront acquis _ biens de ladite communauté _ _ ce qui sera _ car à l’égard de ladite future épouse sera requis _ biens des propres du dit future époux et ha_ du dit remploi sortira immobiliaire _ nature de propre aux dits futurs époux et annulera de chaque côté ce lègue.
Sera permis à la dite future épouse et aux enfants qui naîtrons du dit mariage _ Jean MARLANT mineur de renoncer à la dite communauté le faisant de reprendre _ et quittance tout ce que ladite future épouse avait apporté au dit mariage avec tout ce que pendant le dit mariage lui sera advenu et échu tant en meuble qu’immeuble par succession donation lègue ou autrement _ la dite futur épouse le douaire et préciput _ que de_ le tout sera par elle y _ en sera tenu d’aucune dette et hypothèque de la dite communauté encore qu’elle y lui s’y sera obligée ou y lui est condamnée dont elle et le dit enfant seront acquittés et indemnisés par leur héritière _ bien du dit futur époux.
Pour toutes les clauses et commentaires du présent contrat il y aura hypothèque des biens du dit futur époux de ce jour d’hui.
Est convenu que le dit Jean MARLANT mineur nourri et _ jusqu’à l’âge

1. Le douaire, soit coutumier soit préfix (ou conventionnel), est un terme de droit ancien désignant la portion de biens que le mari réserve à son épouse dans le cas où celle-ci lui survivrait. La bénéficiaire est dite douairière. Le douaire est un élément fondamental du droit des gens mariés sous l’Ancien Régime.
2. par préciput : privilège conféré soit par contrat, soit par la Loi, qui permet, à celui qui bénéficie d’un droit qui se trouve en concurrence avec une ou plusieurs personnes, de pouvoir l’exercer avant tous les autres.

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État des effets que possède la veuve MARLANT depuis son inventaire savoire :
– Six marc (3) six onces trois gros d’argent (4) à 51 livres le marc ci : 325 livres 10 sols 3 deniers
– plus _ _ _ cent cinq livres dont la dits _ plus que la valeur en vaisselle d’argent, d’étain, le cuivre ci : 105 livres
– plus en espèce sonnante la somme de quatre cent livres ci : 400 livres
– plus une courtepointe (5) toute neuve de taille des _ double d’une taille rouge avec un morceau d’une aune (6) de la même étoffe y compris un devant de cheminée prisée ensemble ci : 50 livres
– une garniture à dentelle avec une estinquète (7) qui sont neuves prisées : 17 livres
total en partie la somme de : 899 livres 10 sols 3 denier

3. Le marc était un poids de huit onces, servant à peser l’or et l’argent. Une monnaie contenant une quantité équivalente de ces métaux fut donc également appelée « marc »
4. Le gros, appelé en allemand Groschen et en italien Grosso, désigne dès la fin du Moyen Âge et durant les temps modernes un ensemble très divers de pièces d’argent dont le poids et la valeur différaient sur l’ensemble du continent européen.
5. Édredon
6. Aune : ancienne mesure de longueur française, utilisée surtout pour mesurer les étoffes, et qui valait, selon les régions, de 0,676 m à 1,118 m.
7. Estinquète : mouchoir de cou, cravate.

page 4 – Effets suite
de l’autre par la somme de 899 livres 10 sols 3 deniers
suite des effets savoire :
– deux garnitures complètes une a dentelle et l’autre à bride la rehausse comprise une autre garniture à rehausse avec un mouchoir à dentelle et une coiffe de gaffe à fleur prisée ci : 60 livres
– plus deux jupons et un quadraquin de badien à grain d’orge tout neufs prisé ci : 12 livres
– huit chemises de taille d’Alençon neuves prisées ci : 32 livres
– un jupon de cretonne (6) piquée neuf prisée ci : 10 livres
– un habit de dais (8) _ à fond vert et cramoisis (9) toute complète prisée 70 livres
– une robe de satin raisin cannelle et blanche prisée 40 livres
– plus un jupon de damas neuf prisé ci : 45 livres
total en partie la somme de 1168 livres 10 sols 3 deniers

de l’autre par la somme de 1168 livres 10 sols 3 derniers
suite des effets savoire :
– une croix de diamant prisée 45 livres
– plus un autre croix d’or avec une _ de _ deux bagues d’or et une paire de _ de soulier prisée toutes ensemble ci : 15 livres
– un fauteuil et deux tabourets de point à la turque prisée ci : 40 livres
– plus un trumeau de cheminée avec son cache d’orne prisée ci : 9 livres
– plus deux boutique un magasin à poisson prisé ci : 200 livres
– six tabliers de toile blanche et huit napperons neufs prisé ci : 18 livres
totale la somme de quinze cent cinq livres dix sols trois deniers
Paraphé _ du contrat de mariage
Passé devant Notaires soussignés ce jour d’hui vingt-neuf janvier mil sept cent trente
signés : Janvier NAVET
Marie Madeleine DUMONT
les notaires : Laucommier, Deshayes

8. La cretonne est une toile de coton permettant de réaliser des vêtements : jupes, robes, pantalons.
9. tenture en forme de ciel de lit

page 5, suite de la page 3

de quinze ans au dépend de la communauté _ le mineur de son bien sans amener diminution du fond _ _,
Les biens du dit futur époux montera à la somme de sept mil deux cent quatre vingt quinze livres, savoir trois mil quatre cent livres en dernière comptance _ _ er meubles et marchandises desquels biens il en _ en communauté pareille somme de mil livres _ plus _ tout ce qui lui adviendra _ pendant le dit mariage tout en meubles qu’immeubles par succession donation lègue ou autrement lui sera ad_ a propre aux _ de son côté _
Le dit futur époux déclare que par acte passé devant Dionis leg. et son confrère notaires à Paris le dix septembre mil sept cent vingt _ il a transigé aux la personne _ héritière et défunte Catherine MARTIN sa première femme ? par lequel acte il a été déchargé de toutes les choses a ce jugement.
Car ainsi _ fait _ _ cham_ à son égard ren_ fait et passé à Paris en la demeure de la dite veuve MARLANT susditte l’an mil sept cent trente le vingt neuf janvier après midi et consigné excepté le sieur BONNEFOY et sa femme qui ont déclaré _ _ _ y figurer
de _

signatures :
Janvier NAVET
Marie Madeleine DUMONT
Louis Jacques BAUDRY
François FLEURY
François AVELINE
Louis DAMOREAU
Michel Jacques NAVET
Jean Hubert NAVET
Marie Madeleine DUMONT
Marie Jeanne MORVANT
Marie DELAISTRE
Louise DUMONT
Pétronille DUMONT
Jacques Marie CHARTRAIN
Thomas Ambroise BARDIN
Marie Françoise DUMONT
( les notaires ) Laucomier, Deshayes

Ledit Janvier NAVET futur époux reconnait que ladite…

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veuve MARLANT la future épouse, tous deux à _, lui a remis tous les effets contenus en l’inventaire daté ci _ au contrat de mariage ci devant lui, ensembles la grosse dudit inventaire, plus les quinze cent cinq livres dix sols trois deniers de deniers comptants meubles et effets mentionnés _ l’état joint audit contrat de mariage ci devant lui, dont du tout il quitte et décharge ladite future épouse et s’en charge tant envers elle qu’envers dedit Jean MARLANT son fils mineur, promet obligeance _. Fait et passé à Paris en l’étude le cinq février mille sept cent trente après midi et ont signé. Janvier NAVET, Marie Madeleine DUMONT
les notaires : Laucomier, Deshayes

 

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Arbre
arbre 409

 

Source
AN ET XII 409 du 29 janvier 1730 pages 2 à 6